Comment gérer les risques liés à l’exportation ?


I. Le risque crédit (ou commercial)

Qu’est que c’est ? Le risque crédit ou commercial est le risque que le débiteur (le client) soit défaillant au moment du paiement. Cette défaillance génère des impayés qui affectent la trésorerie, voire les revenus de l’entreprise.

Comment gérer ce risque ? Il est primordial de se renseigner au maximum sur la capacité du client à payer : est-il solvable ? Est-il sérieux ? Comment paie-t-il ses autres fournisseurs ? Respecte-t-il ses engagements ?

Quels outils peuvent-ils m’aider à gérer ce risque ?

  • Le paiement à la commande : obtenir que l’acheteur paie 100% de la facture dès l’émission de la facture pro-forma par le vendeur. Le vendeur livre après réception du paiement.
Avantages du paiement à la commandeInconvénients du paiement à la commande
  • Le BFR du vendeur ne gonfle pas

  • Gestion administrative légère
  • Une solution difficile à obtenir de la part des acheteurs
  • Le crédit documentaire (ou Credoc)

L’acheteur et le vendeur contractent chacun de leur côté une caution bancaire, chacun ayant sa propre banque. Quand les marchandises ont transité et que les documents sont en ordre, les banques créditent les sommes concernées. Les banques jouent le rôle d’intermédiaire.

Avantages du crédit documentaireInconvénients du crédit documentaire
  • Garantie du règlement par des institutions généralement fiables
  • Coût élevé (2 à 3% de la transaction)

  • Très forte complexité administrative
  • La Lettre de crédit stand-by

Une version plus simple du crédit documentaire : elle garantit un virement bancaire, tout en exigeant moins de documents que le credoc.

Avantages de la Lettre de crédit stand-byInconvénients de la Lettre de crédit stand-by
  • Garantie des défauts de paiement

  • Procédure moins lourde que le Credoc
  • Coût élevé (mais moins que le Credoc)

  • Moins accepté par les acheteurs que le Credoc 

II. Le risque politique

Qu’est que c’est ? Tout événement valant force majeure pour le débiteur (acheteur) et qui l’empêche de s’acquitter de ses factures :

  • Événement politique (guerre, révolution, insurrection…)
  • Calamité (tremblement de terre, éruption volcanique, raz-de-marée…)
  • Difficultés économiques (pénurie de devises…)
  • Acte, décision ou manquement valant décision arbitraire des autorités.

Ce risque peut également revêtir la forme d’un retrait des licences d’importation ou des autorisations de change, d’un embargo, de l’instauration d’une licence d’importation pour des produits qui, auparavant, pouvaient être importés librement, ou de l’absence de transfert en devises de sommes payées en monnaie locale.

Comment gérer ce risque ? Les recours sont très difficiles à gérer dans ce genre de situation et dépendent des pays concernés. Il s’agit de bien évaluer le risque que présente le pays concerné. Par exemple, plus les institutions du pays sont défaillantes ou corrompues, plus le risque est accru.

Quels outils peuvent-ils m’aider à gérer ce risque ? Il n’y a pas d’outils à proprement dit. Les grands assureurs du commerce international (Coface, Euler Hermes…etc.) proposent généralement sur leurs sites Internet des évaluations du risque politique par pays pour aider les entreprises dans leurs décisions.

III. Le risque de change

Qu’est que c’est ? Lorsque les devises du vendeur et de l’acheteur sont différentes, toute évolution du taux de change se fait au détriment d’un des deux acteurs. Si la vente se réalise avec la devise de l’acheteur, le risque est porté par le vendeur qui peut voir le produit de sa vente fondre en cas de dévaluation de la devise du client.

Comment gérer ce risque ? L’idéal pour l’entreprise est d’utiliser sa propre devise lors de la rédaction du contrat. Toutefois, cet élément est à négocier avec l’acheteur.

Quels outils peuvent-ils m’aider à gérer ce risque ?

Le risque de change peut être atténué voire supprimé grâce à des assurances ou des options de vente sur la devise de transaction.

IV. Le risque lié au transport de marchandises

Qu’est que c’est ? Les Incoterms déterminent les obligations réciproques du vendeur et de l’acheteur. Ils déterminent notamment le moment de transfert de la responsabilité des marchandises. L’incoterm défini lors de la négociation commerciale a une incidence majeure sur la responsabilité du vendeur dans la délivrance de la marchandise. 

Comment gérer ce risque ? Il existe plusieurs Incoterms. Lors de la négociation commerciale, il s’agit pour l’entreprise d’obtenir l’Incoterm qui lui est le plus avantageux. Cela dépendra donc des capacités de l’entreprise, de son pouvoir de négociation et du niveau de sécurité qu’elle souhaite obtenir.

Quels outils peuvent-ils m’aider à gérer ce risque ? Il est fortement recommandé d’assurer le transport de marchandise. Toutefois, il s’agit d’assurer la marchandise uniquement jusqu’au moment de transfert de responsabilité.